Un peu de justice…

Dans un précédent article intitulé  » Double crime sur la Corniche « ,  j’évoquais la fin inutile du Bar des Flots Bleus dans lequel j’aimais de temps en temps m’arrêter boire un café. Il y a vingt-cinq ans, je découvrais émerveillé le Pavillon des Bains de Mer entre le restaurant Péron et l’hôtel Richelieu, une petite parcelle de bonheur collée à la corniche Kennedy. J’y allais aussi de temps en temps. Et à l’époque, fallait oser. L’établissement était plus « authentique » qu’aujourd’hui. On y avait une vue exceptionnelle sur l’œuvre d’Atelier 9, à savoir, le cercle des nageurs de Marseille. ?Il est question aujourd’hui que cet établissement soit démoli. Apparemment, des démarches sont initiées dans ce sens par l’Etat. Je n’en connais pas les raisons mais j’imagine qu’il doit s’agir d’une histoire d’occupation du domaine maritime ou de continuité du littoral. ?Si c’est cette dernière raison, il faudrait l’appliquer sur tout le littoral (à propos, l’enclave du port, le fameux GPMM, ça donne quoi à ce sujet : barrières partout et fermeture de la digue à la mer depuis le premier vigipirate). Sur cette photo, je montre comment se présente le bord de mer aux environs du Pavillon des Bains de mer et de feu le bar des Flots Bleus : un gros chaos inaccessible. L’édicule ridicule qui barre l’escarpement est un bâtiment municipal. Dessus est marqué « Les peintres du 7°. Un peu plus loin, un établissement mi-bar, mi-cabanon, le Bistrot Plage, constitue un élément manifestement essentiel de la continuité territoriale puisqu’il n’a pas l’air menacé. C’est vrai que son architecture typique du littoral marseillais est plus que remarquable. Elle fait couleur locale. Elle esbaudit le touriste. Souhaitez-vous que je vous parle aussi de la piscine Les Dauphins, en bas du vallon de l’Oriol. De continuité du littoral, il ne serait question. Pas l’air menacé non plus. Et puis encore plus loin, le Pullmann Palm Beach n’autorise guère le piéton à circuler sur le littoral. Mais c’est un établissement quatre étoiles. ?On continue avec le club privé et « select » où viennent bronzer toutes les vieilles fripées du huitième arrondissement avec les apprentis bourgeois que comptent la ville. Ah oui, mais c’est La Pelle ! ?Un peu de justice serait la bienvenue.  » Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » ne concluait-il pas une histoire d’animaux malades de la Peste ?

© Laurent Carte

© Texte et photo : Laurent Carte