Le rond-point de la honte

J’écrivais précédemment du visage de la ville nouvelle. Avant 1975, entre l’actuelle escale Borély et le village de Mazargues, il n’y avait que des champs et des chemins. Le dernier champ est tombé d’ailleurs assez récemment sous les assauts de Kaufmann&Broad sur l’avenue Zénatti. Puis les édiles se sont dit qu’il fallait agir pour les quartiers sud. Ce n’était pas une partie de la ville. C’était sa banlieue. Donc, création de la ZAC Bonneveine de laquelle il n’y a guère à sauver que l’ancienne fondation RAU (actuelle MAC) et l’immeuble France Télécom. Le centre Bonneveine affiche un visage lépreux et triste et lorsque l’on descend vers la mer, on ne trouve guère qu’une longue succession, à droite et à gauche de bâtiments hideux. Le dernier petit vestige du passé bastidaire du secteur était une maison de gardien assez baroque à l’entre de la Roseraie. Rasée pour faire un local à poubelle. Passez devant les bureaux de Parikian (mais ne les regardez pas) et vous parvenez au plus immonde rond-point que l’on puisse imaginer. A votre droite, un centre commercial très récent mais à l’architecture d’une pauvreté à faire vomir le premier étudiant venu de l’école d’archi toute proche ; de l’autre coté de la rue, un hôtel de luxe aux ridicules colonnades et aux frontons grecs mal assumés. La peinture « terracota » pâlit déjà et les illuminations de Noël achèvent l’ensemble dessiné par l’architecte le plus déprimant de la ville dont je tairai le nom. A votre gauche, un gymnase qui aurait pu être mignon si le choix des couleurs avait été fait par quelqu’un ayant un peu plus de goût qu’un enfant de trois ans. A l’opposé, une ancienne station-service transformée en boulangerie. Et même si vous passez ce rond-point en fermant les yeux, il faudra bien les rouvrir pour découvrir les plates-bandes du boulevard de Bonneveine remplies de galets blancs ressemblant à des œufs de marsupilami. Au moins, si Franquin était encore avec nous, il rirait franchement.

Photo : Laurent Carte
Et en plus, c’est mal fait !
Photo : Laurent Carte
Même pas pris la peine de faire une belle image !
Photo : Laurent Carte
Un hommage involontaire à Franquin