L’immeuble le plus ballot de la ville

C’est construit sur un terrain difficile, coincé par la passerelle autoroutière d’Arenc, à deux pas des Puces et de l’asile de nuit. Mais dans l’immeuble, une fois que l’on dépassé le niveau de la passerelle, on doit sûrement bénéficier d’une vue sans pareil sur la gare, le port, la mer, le vent, les mouettes. A Marseille, dès qu’un immeuble un peu haut se construit, on peut être certain que la vue depuis les étages élevés sera splendide.
Pendant le chantier, à chaque fois que je passais, je voyais grimper l’immeuble et son aspect squelettique laissait présager quelque chose d’intéressant. Surtout le dernier niveau, équipé d’une circulation extérieure. Je pensais que ça serait bien, pour les employés (c’est un immeuble de bureau) d’aller s’en griller une au soleil de l’après-midi en regardant la rade. Ou que cet espace allait servir de salle de réunion… enfin de lieu agréable.
Et bien non. Au lieu de servir au bien-être des salariés d’EDF (le maître d’ouvrage), ce niveau abrite les groupes de climatisation et autres systèmes de ventilation. Et le pire, c’est qu’au lieu de rendre discret l’utilisation d’un niveau splendide par une tuyauterie infâme, le maître d’oeuvre (Poissonier Ferran Architectes) à illuminé tout cela de beau néons violents et fait peindre les calorifugeages en orange.
Maintenant, quand on passe le soir, on ne peut que contempler l’usage imbécile de l’une des plus belles vues de la ville. A pleurer !

Photo : Laurent Carte

Vue sur la rade © Laurent Carte