Ça ne pouvait pas durer !

Voilà. A Marseille, les bonnes choses ne durent jamais longtemps.
Après avoir pollué le paysage avec le portrait de Zidane (ici, quand on dit le portrait de Zidane, tout le monde sait où c’est), puis une pub pour Coca toute pourrie, l’afficheur préféré des français avait autorisé une performance de JR. C’était beau. Juste beau. Elégant aussi, le portrait de cette jeune femme un peu floue. Bien sûr, ça n’a pas duré. Dès qu’on n’est plus Capitale Européenne de la Culture, on replonge instantanément dans le naturel. Le mauvais goût.

Une accroche publicitaire allègrement piquée à Soledad Malasombra ou Kenza Farah, un gros mâffre avec des lunettes de soleil, une grosse caisse qui drifte (Ben ouais, à Marseille on n’en a pas assez !) et l’incontournable bonne mère (signature obligée sinon on ne sait pas où on est !). Bref, de la bouse.
Je suis passé devant. J’en aurais pleuré.
Maintenant, la vraie question est ailleurs.
Dans une ville comme Marseille, on dirait qu’il y a une volonté de ne pas avoir de murs peints, pas de pignons aveugles colorés. J’en connais 5 ou 6 tout au plus. Sur Plombières, sur Paradis, vers la cathédrale ou sur Gèze… je parle bien sûr de murs officiels, pas des murs cochonnées par des grapheurs suspendus par les pieds (les hauts d’immeubles et les tabliers de ponts ou passerelles). Je ne sais pas pourquoi les pignons sont si protégés. Y’a-t-il une haine des peintres muraux ? Y’a-t-il quelqu’un dans un bureau qui ne trouve une raison à son existence que dans l’interdiction de décorer les murs ? Si c’est le cas, il a réussi son coup. Sur le mur de Malmousque, face aux anciens Flots Bleus, on est passé du magique à l’immonde. A moins que ce soit encore cette vertu lubrifiante de l’argent.

Photo : Laurent Carte

Oh la belle affiche que voilà !

Photo : Laurent Carte

Franchement, c’était la classe.