Marseille, la ville rapiécée !

La seule période de ma vie où circuler à Marseille fut particulièrement serein fut l’époque où je roulais avec une vieille moto cross Honda équipée de suspensions immenses, de pneus crantés et d’un pare-moteur en acier. Cette machine digne du Mad Max me permettait au moins de rouler sans me briser les bras ou le dos. En quinze ans, rien n’a changé, ou presque.
C’est sûrement l’état de la voirie qui pousse le marseillais de base à rouler en 4×4 rehaussé (mais aussi pour se garer sur les trottoirs hauts les soirs de matchs de l’OM).
Quand on pense que, lorsque les détails administratifs seront réglés, on va passer à la Métropole, ça laisse présager de l’évolution des voies de l’agglomération. Les voies relèvent de la responsabilité de MPM. Mais les trottoirs sont à la charge de la Ville. Quand on voit les photos de cet article, on se dit que les deux services doivent avoir du mal à se parler.
Le traitement des sols et des enrobés, s’il reste de bonne qualité autour des réalisations-phares (Bd du Littoral, piétonnisation du Vieux Port) demeure toutefois une énigme sur l’ensemble de la commune. Comme je souhaitais faire preuve d’une bonne foi absolue, je ne suis pas allé faire les photos dans les endroits abandonnés de la Ville, ni dans les zones de travaux. Cela aurait été trop facile. Non, je me suis arrêté sur la Corniche (qui, vous l’avouerez, n’est pas un lieu d’abandon périphérique), sur l’avenue de la Corse et rue Sainte. C’est bien la preuve que les saignées, les plaques d’égout proéminentes ou affaissées et les trous sont un mal répandu sur l’ensemble de la ville. Bien sûr, c’est comme tout. On s’habitue et à la fin on ne s’en rend plus compte. Sauf quand on se casse la figure sur un trou pas rebouché suite à un chantier ou qu’on se massacre les bras lorsque les suspensions de la moto, trop comprimées, refusent alors de remplir leur rôle. Depuis peu, mon fils roule en scooter. Je frémis.

Les chaussées à l’image de la ville : rapiécées

La Corniche Kennedy au petit matin

La Corniche Kennedy au petit matin – © Laurent Carte

 

 

Les trous - © Laurent Carte

Les trous dans la chaussée, une grande constance quant au traitement de la voie.