Combien de temps…

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Combien de temps doit-il s’écouler pour qu’un bâtiment ait une chance de survivre à la folie destructrice des pelleteuses des promoteurs ?

© Laurent Carte

Un patrimoine industriel malmené

 

Ces bâtiments de la Capelette ne sont pas encore tombés mais une opération immobilière Cogedim s’apprête à les masquer. La Capelette est une zone à enjeu : un bâti peu dense (en clair, cela signifie qu’il y a de grandes emprises disponibles et peu de vendeurs à convaincre), souvent de qualité médiocre, des terrains encore accessibles en terme de coûts, une proximité évidente des voies d’accès (Autoroute A50) et des pôles commerciaux existants ou à venir (Pôle de loisirs, la Valentine et le futur complexe commercial du Stade Vélodrome). Les conditions étant réunies, on bétonne. Allez voir ce qui a poussé à l’angle de Benjamin Dellessert et de la Capelette, ce qui se prépare entre la Capelette et l’ancien boulevard Lazer, ou plus loin, presque dans l’axe de Fifi Turin l’énorme bouse qui a jaillie il y a déjà deux ou trois ans. C’est édifiant. Poussez un peu plus loin, en face de l’hippodrome. Un ensemble disproportionné de logements est venu se nicher entre le boulevard et l’Huveaune.
Mais je m’égare. Devant la pression foncière, comment peut résister le bâti industriel ancien ? Que lui faut-il pour échapper à la destruction ? Boulevard de Dunkerque, la concession BMW Station 7 doit tomber. Pour l’architecte, c’est de la bordille. Une façade bêtement années 50 et des toitures bourrées d’amiante. Les Ets Bietron doivent tomber. Les bâtiments de France Télécom, à l’angle de Salengro et Strasbourg viennent d’être grignotés par les pelles mécaniques. A ma modeste connaissance, je ne vois que le silo d’Arenc à avoir échappé au carnage. Boulevard de Dunkerque, encore, les Ets Richardson ne doivent leur survie qu’à leur façade. Effort louable, Euroméditerranée a sauvé de la démolition une jolie petite façade sur la rue Guinot. Mais dans cette même rue, un peu plus loin, la métallerie Arnaud y est passée l’été dernier (tu parles, en face se construit le nouvel grand hôpital Ambroise Paré). Sur l’autre trottoir, c’est la serrurerie Baechli qui a dû fuir. En face des archives, le petit bâtiment bas en opus incertum n’a pas résisté à la grosse machine de guerre. Atelier 9 y a commis un machin pas beau tout en verre pour lequel les ondulations du mur-rideau sont complètement ratées. En face, l’église de Saint-Martin d’Arenc risque de connaître le même sort. Avec quand même un avantage pour elle : c’est le seul élément patrimonial de la trame Mirès (ZAC Cité de la Méditerranée). La question reste posée : au bout de combien de temps un bâtiment peut-il être sauvé ? Quand devient-il patrimonial ? Quand les élus se penchent sur l’histoire de leur ville, la regardent avec bienveillance et se disent qu’avec un look sympa, ça peut attirer du monde. Merci à Avenir Télécom d’avoir sauvé les bâtiments de la Compagnie Indochinoise du Riz. Merci pour le renouveau de Station Alexandre. Si on laissait faire les architectes, ils auraient déjà rasé le siège historique des croisières Paquet. L’ancien centre de rétention dans l’enceinte du port n’a pas survécu au déménagement de la rétention dans le nouveau centre d’Arenc. Mais là, c’était plutôt pour effacer les traces.

© Texte et photo : Laurent Carte

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